Débuter un potager en permaculture

Vous avez lu et relu tous les principes de permaculture, mais il vous manque le chemin : vous ne savez pas concrètement comment débuter un potager en permaculture. Et c’est normal ! Un potager en permaculture, ce n’est pas une étiquette à coller faite de buttes de culture ou de lasagnes. Bien au contraire, votre potager en permaculture doit être très personnel et refléter votre vision, votre façon de vivre. Il n’y a que vous qui puissiez le créer en fonction de vos conditions pédo-climatiques ainsi que de vos objectifs et vos moyens (matériel, argent, temps, santé). Je vais quand même tenter de vous piqueter le chemin histoire d’y voir plus clair, mais après, cela ne dépendra plus que de vous…

La permaculture a pour objectif d’obtenir une production en utilisant le moins de ressources extérieures au potager possible. Il vous faut pour cela :

  • Être curieux. Observez, portez un regard critique sur vos réalisations.
  • Apprendre. Acceptez de vous tromper et améliorez-vous en continue.
  • Développer votre autonomie. Considérez votre jardin comme un système fermé et utilisez le moins de ressources extérieures possibles (eau, matières organiques, pots, plants, intrans, pesticides …). Votre terrain, votre maison prennent part à un écosystème dont vous faites partie, le potager n’en est qu’un élément.
  • Economiser l’énergie. Comptez sur la nature pour vous aider: bichonnez-la. Et préservez-vous: la permaculture, c’est aussi vous!
Débuter un potager en permaculture

Définissez l’emplacement du potager

Avant de pelleter votre jardin pour débuter un potager en permaculture, observez-le puis réalisez un plan, même grossier. Cela vous permet de limiter les futures pertes d’énergie. La permaculture étant une approche holistique, il est indispensable à cette étape de considérer votre terrain dans son ensemble.

Commencez par lister les différentes activités que vous souhaitez mettre en place dans votre jardin : potager, Verger, poulailler, massif d’aromatique, terrasse, barbecue, terrain de pétanque, terrain de jeux pour les enfants … Puis, pour chaque activité, mettez une note de fréquence d’utilisation de 1 à 5, et les contraintes non négociables. La note 1 indique que vous allez vous y rendre régulièrement (voire quotidiennement), la note 5 que ce sera exceptionnel. Placez ensuite les zones d’activité sur votre plan. Plus la note est basse, plus l’activité doit être placée près de la maison, tout en tenant compte des contraintes. Placez les autres activités en s’éloignant.

Le potager doit être installé proche de la maison car il est visité quotidiennement en période de production, et à proximité d’un point d’eau. Il est situé dans un endroit ensoleillé (minimum 6 heures par jour), à l’abri des vents dominants. Si vous souhaitez être en autonomie à terme, réservez une surface minimum de 200 m2 pour une famille de 4 personnes.

Pour en savoir plus sur le design en permaculture, il y a une formation en ligne qui existe, ou bien rendez vous directement sur site pour un cours certifié.

Débutez votre potager en permaculture

Lancez-vous ! Une fois que l’emplacement de votre potager est défini, il est temps de passer aux choses concrètes. Si le sol est enherbé, mettez un paillage épais quelques mois avant la mise en culture. Si c’est trop tard, il vous faut retourner le sol (et perdre de l’énergie…).

Vous n’avez absolument pas besoin de mettre en place de manière systématique des buttes de culture ou des lasagnes pour débuter un potager en permaculture. Ce sont des outils utiles dans certaines conditions, et leurs mises en place (coûteuses en énergie) doivent être issues de vos observations.

Le secret de la permaculture : commencer petit !

Si vous n’avez jamais fait de potager, installez votre potager sur une petite surface (9m2 par exemple), puis étendez-vous les années suivantes. Commencez par planter peu de légumes, et des légumes que vous aimez. Il n’y a rien de plus motivant que de consommer avec plaisir sa propre récolte.

Observez, observez, observez

Grenouille verte en observation

Pour débuter votre potager en permaculture il vous faut être attentif aux détails de tout votre terrain dans son ensemble.

Vous avez différents axes d’observation qui peuvent vous permettre de produire plus en respectant votre écosystème :

  • Découvrez votre sol : il est votre support de culture. Observez-le, apprenez ses particularités pour améliorer votre rendement.
  • Récupérez les ressources de votre jardin et de votre maison : apprenez à utiliser les déchets organiques pour bénéficier d’un paillage et enrichir votre sol ; récupérez les eaux pluviales pour arroser votre jardin.
  • Diversifiez les plantes pour attirer la faune et créer un système plus résilient, qui vous rend de multiples services au jardin. Apprenez à reconnaître les plantes (certaines sont comestibles) et les animaux (certains sont vos amis).
  • Planifiez votre potager : apprenez petit à petit les particularités de chaque légume pour maîtriser leurs périodes de production et ainsi intensifier la culture.
  • Choisissez des variétés de fruits et légumes adaptées à votre climat, et résistantes aux maladies.
  • Gagnez en autonomie : réduisez vos déchets et votre dépendance vis-à-vis de la distribution en développant votre autonomie. Récoltez vos graines, réalisez vos propres semis, n’utilisez pas d’intrans ou de pesticides…
  • Etendez vos périodes de culture grâce aux châssis, serres.

D’une manière générale, observez ce qui arrive de l’extérieur sur votre potager (hors de votre écosystème), et cherchez à le réduire.

Agissez

Vos actions qui découlent de vos observations doivent continuer de prendre soin de votre éco-système : ne pulvérisez pas des pesticides de partout parce que vous avez observé des ravageurs. Apprenez de vos ravageurs, et trouvez des solutions durables et écologiques.

Remettez régulièrement vos actions en question pour pousser plus loin votre réflexion. C’est ça la permaculture, un système en amélioration continue. Un cercle vertueux. Avec pour objectif de combler nos besoins fondamentaux, tout en ayant un impact minimum sur notre environnement.

Peu importe si vous vous trompez, du moment que vous réagissez pour vous améliorer. Tant qu’on se trompe, c’est qu’on apprend et qu’on accepte de se remettre en question : et ça c’est important !

Comment j’ai débuté un potager en permaculture

Pour bien comprendre le cheminement qui mène à un potager en permaculture, j’ai choisi de vous montrer les premières années de mon propre potager.

Ma première année en permaculture

Ce que j’aime ce sont les tomates anciennes. La première année, j’ai donc choisi de planter des tomates anciennes (en plant), du basilic, des salades et des poivrons. Ma récolte fut modeste, mais motivante.

Mes observations : cette année là il y eut une invasion de pucerons. En période de pluie une croute de battance se forme (l’eau ne peut plus pénétrer dans le sol), et s’il y en a trop, l’eau stagne. En période de sécheresse la terre se craquèle. De plus le sol est pauvre et très peu profond .

Tomate ancienne dans un potager en permaculture

Ma deuxième année en permaculture

Etant donné le mauvais état du sol, des carrés potagers ont été mis en place pour pallier aux problèmes de stagnation d’eau et de profondeur de sol. Pour économiser l’eau et pour enrichir le sol, je mets un paillage de matières organiques issues des déchets de taille de ma haie, et du foin d’un pré voisin. Des fleurs sont plantées pour attirer les pucerons et les prédateurs. Je commence aussi mes premiers semis en pleine terre.

Mes observations : Sur une année, mon espace est mal utilisé, ce qui est dommage étant donné ma petite surface. Je dois gagner en autonomie pour que mes plants ne dépendent plus des magasins (économie d’énergie, d’argent, de déchets).

Ma troisième année en permaculture

En fin d’hiver, je sème en intérieur mes graines de tomate récupérées l’année précédente, ainsi que des graines de courge, de concombre, de poivron, des fleurs… J’effectue une planification annuelle précise de mon potager pour intensifier mes cultures et se faire succéder jusqu’à trois légumes par emplacement. J’ai récupéré mes déchets de taille d’arbre pour en faire des tuteurs. Deux nouveaux carrés potager viennent compléter les précédents.

Mes observations : beaucoup de pertes dues aux gastéropodes. Je peux encore rallonger ma période d’occupation des sols. Mieux choisir mes variétés de légumes pour en prendre des bien adaptées à mon climat.

Et ainsi de suite … Vos observations et votre curiosité sont vos meilleurs atouts pour débuter un potager en permaculture.

On a tous un côté permaculture, il faut juste le cultiver !

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